31/03/2025 | SNL-Paris a participé à la conférence : « De la spéculation au mal-logement : quelles solutions pour habiter à nouveau les villes ? »
Le jeudi 13 février, dans le cadre du projet « En lieu et place, du 10e au 19e arrondissement », SNL-Paris a pris part à une conférence sur les solutions face au mal-logement.
Organisée à la Bibliothèque François Villon, située dans le 10e arrondissement de Paris, cette rencontre s’inscrivait dans un cycle d’échanges autour du quartier de la Place du Colonel Fabien. C’était l’occasion idéale pour Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL) de présenter son mode d’action au sein de la capitale.
Animée par Nolwenn Jaumouillé, journaliste indépendante et contributrice du magazine Socialter, la conférence réunissait trois intervenantes :
- Isabelle Rey-Lefebvre, journaliste spécialiste du logement pendant 20 ans pour Le Monde et autrice de Halte à la spéculation sur nos logements ! Les solutions pour habiter à nouveau les villes, paru en janvier 2024.
- Elsa Lauga-Moulédous, responsable de la vie associative à SNL-Paris.
- Ninon Szwed, bénévole accompagnatrice à SNL-Paris.
La discussion a débuté par un état des lieux du mal-logement en France, illustré par des chiffres issus du 30e rapport de la Fondation pour le Logement des Défavorisés (Ex Fondation Abbé Pierre) : 350 000 personnes sont sans domicile, en hébergement d’urgence ou à la rue, soit plus du double qu’en 2012. Chaque soir, 6 000 personnes, dont 2 000 enfants, voient leur demande d’hébergement auprès du 115 refusée faute de places disponibles. Par ailleurs, 2,7 millions de ménages sont en attente d’un logement social, un chiffre qui ne cesse d’augmenter alors que la construction de nouveaux logements sociaux chute, passant d’environ 124 000 en 2016 à 84 000 en 2024.
Ces données soulignent une crise structurelle du logement qui s’aggrave, rendant d’autant plus urgente la mise en place d’actions concrètes. Face à ce constat, Isabelle Rey-Lefebvre a mis en avant plusieurs solutions déjà existantes en s’inspirant de modèles européens. À Vienne, par exemple, 40 % des logements sont détenus par la municipalité, permettant de loger 60 % des habitants. Un exemple qui prouve qu’une politique volontariste en matière de logement peut porter ses fruits.
Le rôle de SNL face à ce constat
L’action de Solidarités Nouvelles pour le Logement a également été mise en valeur. L’association crée des logements sociaux très sociaux dans un contexte où ils font cruellement défaut. Si la création passe en partie par l’achat de biens dégradés à des institutions comme la Ville de Paris, cette démarche est devenue plus complexe avec le gel des financements État-Région pour 2025 en matière de logement. Enfin, Elsa Lauga-Moulédous a présenté d’autres leviers mobilisables, notamment l’implication de propriétaires privés. Plusieurs dispositifs permettent à SNL de mettre des logements à disposition de personnes en situation de précarité.
Enfin, Ninon Szwed a partagé son expérience en tant que bénévole accompagnatrice chez SNL-Paris, témoignant des liens forts qui se tissent entre les bénévoles et les locataires, ainsi qu’avec les habitants des quartiers investis par l’association. Cette dimension humaine est essentielle face au mal-logement : elle permet aux locataires de se sentir investis dans leur logement et favorise leur réinsertion sociale, leur offrant ainsi une solution pérenne.